Situation des femmes handicapées : l’institut européen pour l’égalité des genres publie une note

18 décembre 2018

Près du tiers des femmes handicapées et un cinquième des hommes handicapés s’occupent quotidiennement de quelqu’un, qu’il s’agisse d’enfants, de personnes âgées ou d’adultes handicapés. Ceci en dépit du fait que les personnes handicapées peuvent elles-mêmes avoir besoin d’un accompagnement. Ces facteurs rendent plus difficile le travail rémunéré des femmes en dehors du foyer.

L’index de l’Agence européenne pour l’égalité des genres (EIGE) analyse régulièrement les questions d’égalité en Europe. Une publication récente propose un focus sur égalité et handicap.

Les femmes handicapées sont confrontées à un double désavantage en raison de leur sexe et de leur handicap. Elles rencontrent, ainsi, plus d’obstacles que les femmes non handicapées et plus de défis que leurs homologues masculins. Elles sont moins susceptibles d’avoir un diplôme universitaire, de travailler à l’extérieur de la maison et courent un plus grand risque de pauvreté.

Éducation

L’accès à l’éducation est plus difficile pour les personnes handicapées. Seulement 13 % des femmes handicapées ont un diplôme universitaire, contre 29 % des femmes non handicapées. Pour les hommes handicapés, les chiffres sont respectivement de 17 % et 27 %.

Responsabilités domestiques

En raison des stéréotypes de genre, la majeure partie des responsabilités familiales et des travaux ménagers incombe souvent aux femmes. Dans les foyers européens, les femmes font la majeure partie de la cuisine, des tâches ménagères et des soins. Cette situation se reflète chez les personnes handicapées. Huit femmes handicapées sur dix cuisinent et font le ménage tous les jours, contre quatre hommes handicapés sur dix.Participation au marché du travail

La faible participation au marché du travail est une réalité pour les femmes et les hommes handicapés. Mais les femmes sont confrontées à un double désavantage : leur taux d’emploi à temps plein (19 %) est inférieur à la moitié de celui des femmes non handicapées (47 %) et inférieur à celui des hommes handicapés (28 %). Cela augmente leur risque de pauvreté, qui est de 21 %, comparé à 16 % pour les femmes non handicapées.

L’Agence européenne en déduit que les politiques doivent faire en sorte que les obstacles à l’éducation, à l’emploi et aux services de santé pour les personnes handicapées qui freinent leur inclusion, soient supprimés. Elle plaide également pour l’intégration d’une perspective de genre dans les stratégies en matière de handicap, qui permettrait de garantir que les différents défis auxquels font face les femmes et les hommes handicapés soient reconnus et pris en compte.