Semestre européen 2019 : le social davantage mis en avant

27 novembre 2018

La Commission européenne a publié, le 21 novembre 2018, son paquet d’automne qui comporte notamment un examen annuel de la croissance pour 2019 et un rapport sur l’emploi. Ces documents, qui formalisent le dialogue entre la Commission et les États membres et ont pour finalité une harmonisation des politiques économiques, aborde cette année davantage les questions sociales

Avec l’adoption du socle européen de droits sociaux en 2017, qui vise à « construire une Union européenne plus inclusive et plus équitable », la Commission européenne inclut désormais davantage le social dans son dialogue annuel avec les États membres. C’est ainsi qu’elle y a intégré un tableau de bord comportant 14 indicateurs qui permettent de comparer les performances sociales de chaque État et leurs évolutions. Grâce à la reprise économique dans l’ensemble de l’Union, les résultats se sont améliorés dans tous les États membres.

Au-delà de ces indicateurs, la Commission relève des éléments qui mettent en exergue la nécessité d’investir dans les services en faveur des personnes les plus fragiles. C’est ainsi qu’elle relève que le risque de pauvreté et d’exclusion sociale demeure un défi, particulièrement en ce qui concerne les enfants, les personnes en situation de handicap et les personnes issues de l’immigration.

Si la participation des femmes au marché du travail progresse nettement avec un taux d’emploi à 66,5 % en 2017, presque 5 points de plus qu’en 2008, il n’en demeure pas moins qu’elles sont largement majoritaires dans le rôle d’aidants. Cela les expose davantage que les hommes à la pauvreté, à la dépendance financière et à des interruptions de carrière qui auront des impacts sur leur pension de retraite.

Les changements démographiques et l’augmentation de l’espérance de vie imposent des adaptations dans les systèmes de retraite, de santé et d’accompagnement des personnes âgées. Ces deux derniers aspects constituent un véritable défi quand on sait que dans les cinq prochaines décennies, la proportion de personnes âgées de plus de 80 ans doublera. La Commission invite donc les États membres à se saisir de cette problématique pour assurer des services aux personnes âgées, accessibles, abordables et de qualité, dans un contexte dans lequel l’aide informelle se restreint et dans lequel la prévalence du temps partiel et des contrats temporaires est défavorable à son attractivité.

En ce qui concerne le marché du travail, la Commission recommande de réduire la taxation du travail, de renforcer les systèmes d’éducation et l’investissement dans les compétences, ainsi que l’efficacité de politiques actives qui aident aux transitions. Elle recommande enfin de lutter contre la segmentation du marché du travail et d’assurer des systèmes de protection adéquats.

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