Ségur de la santé : un pas en avant, deux pas en arrière

15 octobre 2020

Le premier comité de suivi du Ségur de la santé s’est réuni fin septembre ; Philippe Calmette, président délégué, et Stéphane Racz, directeur général, y représentaient Nexem. Retour.

Les débats du mois de juillet qui se sont tenus dans le cadre du Ségur de la santé ont permis de dégager, au moins entre les acteurs présents, un consensus sur la nécessité de sortir d’une vision hospitalo-centrée de la santé pour aller vers une stratégie globale prenant en compte le continuum entre le domicile, la médecine de ville, le social et médico-social et le sanitaire.

Nexem s’attendait à ce que la première réunion du comité de suivi du Ségur se traduise par l’annonce de plans d’action et de calendrier intégrant cette vision d’ensemble. Il n’en a rien été. Au contraire, les annonces faites concernent presque exclusivement le monde du soin, et quand le secteur médico-social ou social est pris en compte, c’est exclusivement sous l’angle des Ephad.

Une priorité : faire reconnaître l’utilité sociale et les besoins de l’ensemble de notre secteur

Après un premier pas en avant au mois de juillet, le comité de suivi de fin septembre marque deux pas en arrière et le retour à une vision trop hospitalo-centrée de la santé.

Alors que les métiers du lien social et de l’accompagnement continuent de faire la démonstration pendant la crise sanitaire actuelle qu’ils sont des métiers de la santé, selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé, qu’ils sont efficaces en termes de prévention et qu’ils soulagent les métiers du soin, ils restent ignorés par les pouvoirs publics et absents des débats.

A chacune de nos rencontres avec nos interlocuteurs du gouvernement et des administrations, Nexem martèle ce que sont nos priorités aujourd’hui :

  • la nécessité d’étendre les revalorisations de salaires et de carrière accordés lors du Ségur de la santé, dans l’intégralité du champ social et médico-social pour tous les métiers du lien social et de l’accompagnement,
  • la nécessité pour les plans d’investissement prévus par le gouvernement à hauteur de 13 milliards d’euros d’intégrer non seulement le champ sanitaire mais aussi le domicile et l’ensemble du périmètre social et médico-social.

Nexem va poursuivre son action auprès des pouvoirs publics pour que notre secteur soit pris en compte à la hauteur de son utilité sociale et de ses besoins. Des actions locales seront mises en œuvre dans la continuité du travail réalisé au moment du Ségur en nous appuyant sur les délégations régionales et en lien avec l’ensemble des adhérents. Notre objectif est de soutenir et de relayer vos demander et vos besoins auprès des instances gouvernementales.

Nous devons ainsi construire, ensemble, une stratégie qui permette la reconnaissance de nos métiers, de nos pratiques et de leur utilité sociale au service de la santé de ceux que nous accompagnons et de la société française en général.