Salaires dans le secteur social et médico-social : Nexem, la Croix-Rouge française et l’Unisss alertent et restent sur leur faim - [Communiqué]

18 février 2019

1 % : c’est une nouvelle fois, depuis trois ans, le taux d’évolution de la masse salariale annoncé lors de la conférence salariale annuelle des établissements et services sociaux et médico-sociaux privés à but non lucratif, qui s’est tenue le 14 février 2019 à la direction générale de la cohésion sociale (DGCS).

Avec ses partenaires la Croix-Rouge française et Unisss, Nexem a bien sûr insisté sur la faiblesse des salaires qui pèse sur l’attractivité des métiers de notre secteur au détriment de l’accompagnement des plus fragiles toujours plus nombreux. Les trois organisations ont aussi mis en avant leurs inquiétudes quant au risque de baisse des budgets des établissements et services, lié à la transformation en allègement pérenne de charges sociales du crédit d'impôt sur la taxe sur les salaires (CITS). Plus largement, elles regrettent qu’un certain nombre de décisions qui impactent fortement les financements des établissements et services, soient prises par les pouvoirs publics sans concertation. 

Face à ces questions, les réponses de la DGCS renvoyant aux mesures qui émergeront du grand débat national et de la concertation grand âge et autonomie, ne peuvent satisfaire les trois organisations employeurs et les professionnels qu’elles représentent. Par ailleurs, l’allègement pérenne des charges sociales ne constitue pas une marge de manœuvre suffisante pour renforcer les effectifs et l’attractivité des emplois à hauteur des besoins. Par conséquent, Nexem, la Croix-Rouge française et l’Unisss demandent au gouvernement des engagements pour que la conversion des CITS n’implique aucune baisse de financements. 

La faiblesse des salaires est la principale cause du manque d'attractivité des métiers de notre secteur, pourtant l'un des principaux employeurs en France. Avec un taux d’évolution de la masse salariale qui stagne depuis trois ans, les professionnels du secteur social et médico-social à but non lucratif ne bénéficieront pas, une fois encore, d’une revalorisation salariale à l’instar des travailleurs sociaux de la fonction publique.

Le secteur social et médico-social privé à but non lucratif reste perçu comme une source de coût pour l'Etat, non comme un moteur de la solidarité nationale. Or, les économies ne peuvent se faire au détriment des quatre millions de bénéficiaires accompagnés au quotidien.

Pour ne pas tomber dans cet écueil tout en gagnant en efficience, nous soulignons la nécessité d’accompagner la transformation de l'offre sociale et médico-sociale et d’agir de manière concertée avec l’ensemble des acteurs du secteur. En parallèle, nos trois organisations se tiennent à la disposition de la DGCS pour envisager les solutions possibles en faveur du pouvoir d'achat des travailleurs sociaux qu’elles représentent.

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