Rencontre avec les ministères chargés de l’autonomie et du travail : des annonces importantes et salutaires pour l’emploi et la formation dans notre secteur…

8 avril 2021

Le 30 mars dernier, Nexem et les six autres fédérations d’employeurs[1] composant l’OPCO Santé ont rencontré Elisabeth Borne, ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion ainsi que Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l'Autonomie. L’OPCO Cohésion Sociale -Uniformation- était également présent, la branche de l’Aide à domicile était donc représentée. Pour rappel, les secteurs regroupés au sein de l’OPCO Santé représentent un million d’emplois en France mais on estime que 10% des postes ne sont pas pourvus.

L’objectif de cette réunion interministérielle était de dresser un bilan des actions menées en matière d’emploi et de formation professionnelle et de dessiner des perspectives pour notre secteur qui est en première ligne dans la crise sanitaire. Elle a débouché sur un certain nombre d’engagements pour les ministères mais aussi pour l’OPCO Santé... Retour sur cette rencontre...

De nouvelles aides en faveur de la formation professionnelle

Tout d’abord, les deux ministres chargés respectivement de l’autonomie et du travail ont annoncé que le développement des formations dans les champs sanitaires et médico-sociaux était une priorité du plan France Relance.

Les ministres ont souligné leur initiative de financer, dans le cadre de ce plan, 16 000 places supplémentaires dans les formations sanitaires et sociales. Ces places devraient se repartir comme suit :

  • 6 000 places d’infirmiers,
  • 6 600 places d’aides-soignants,
  • 3 400 places d’accompagnants éducatifs et sociaux.

En outre, elles ont annoncé l’octroi de nouveaux financements pour la formation continue de :

  • 1 000 salariés supplémentaires au métier d’aide-soignant,
  • 1 110 salariés supplémentaires au métier d’accompagnement éducatif et social.

Ces 2110 formations supplémentaires, prévues sur 2021 et 2022, représentent une enveloppe globale de 92 millions d’euros issue du plan France Relance, dont 78 millions d’euros au titre de la reconversion ou promotion par alternance (dispositif PRO-A).

Ces fonds s’ajoutent à l’enveloppe de 27 millions d’euros déjà attribuée à l’OPCO Santé pour financer le dispositif de PRO-A et aux aides financières prévues dans le plan France Relance pour les entreprises qui concluent des contrats d’apprentissage (5 à 8000 euros jusqu’au 31 décembre 2021 – cf. article du 2 avril 2021).

 

Développement de l’apprentissage et de la VAE…

Par ailleurs, les référentiels aide-soignant et accompagnant éducatif et social ont été revus pour créer les conditions opérationnelles du développement de l’apprentissage. Ils vont être prochainement présentés en Commissions professionnelles consultatives (CPC). Ces référentiels présenteront toutes les souplesses nécessaires pour organiser différemment l’alternance entre périodes de stage et formation.

Enfin, les ministres ont fait part de leur volonté de simplification du dispositif de validation des acquis de l’expérience.

Autre volet important de cette rencontre, Brigitte Bourguignon a annoncé l’agrément prochain de l’avenant 43 à la convention collective de l’aide à domicile, qui se traduira à terme par une augmentation salariale à hauteur de 13% à 15% pour les salariés ayant le plus d’ancienneté.

Et enfin, la ministre déléguée chargée de l’autonomie a annoncé qu’elle s’occuperait dans un second temps des salaires infra smic dans les conventions 66 et 51…

 

Les représentants des employeurs des secteurs de l’OPCO Santé s’engagent à former stagiaires et apprentis

Dans le cadre de cette rencontre, en contrepartie, les fédérations ont annoncé – via un communiqué de presse commun – leur engagement d’accueillir 25 000 stagiaires et de doubler le nombre d’apprentis dans les deux ans à venir.

Par ailleurs, l’OPCO Santé a signalé la possibilité de recruter dans le secteur plus de 150 000 nouveaux professionnels formés en CDI.

Pour que ces engagements aboutissent, les fédérations ont insisté sur la nécessité d’un pilotage interministériel (impliquant notamment les ministères de la santé et de l’enseignement supérieur) et de lever les freins réglementaires à l’apprentissage.

Comme Nexem l’a souligné dans son Livre Blanc, toutes ces mesures en faveur de l’emploi et de la formation sont de nature à favoriser l’attractivité du secteur, elles vont contribuer à l’évolution des salariés au sein des structures et la construction de parcours professionnels.

 

Pour aller plus loin :

[1] Croix-Rouge française, la Fehap, la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), le Synerpa, Présanse et Unicancer.