Recrutement et fidélisation dans les services sociaux européens

14 décembre 2020

Les partenaires sociaux européens des services sociaux – la Fédération européenne des employeurs sociaux, dont Nexem est membre fondateur, et la Fédération européenne des syndicats des services publics (qui couvrent « santé-sociaux ») – diffusent une version française de leur position commune sur le recrutement et la fidélisation des salariés.

Au niveau européen, 11 millions de salariés travaillent dans les services sociaux, l’équivalent de ce que nous appelons en France le secteur social et médico-social.

Toutefois, dans le domaine de l’emploi, le secteur fait face à de nombreux défis tels que des mesures d’austérité ayant un impact négatif sur les conditions d’emploi et de travail, un déséquilibre entre les genres, les femmes représentant 82 % de l’effectif, ou encore une population salariée plus âgée que la moyenne.

La plupart des pays d’Europe, comme la France, connaissent des pénuries de main-d’œuvre dans leurs services sociaux. Ceci, alors même que les besoins d’accompagnement sont en nette croissance en raison de la démographie et de la transformation de l’offre vers des réponses plus personnalisées aux besoins des personnes dans des sociétés plus inclusives.

C’est pourquoi les partenaires sociaux européens du secteur ont travaillé à une position commune faisant le point sur les enjeux actuels, proposant des pistes de solutions, mettant l’accent sur le soutien attendu de la part des institutions européennes et sur le rôle positif que peut jouer le dialogue social dans ce domaine.

Du côté des pistes de solutions, la position commune met l’accent sur l’amélioration des conditions de travail et des parcours professionnels, sur l’image du secteur et la communication sur ses métiers.

De façon plus spécifique, la position commune insiste également sur les besoins de :

  • prévenir les troubles musculo-squelettiques (TMS) et les risques psycho-sociaux (RPS) ;
  • renforcer la formation professionnelle et les opportunités de parcours professionnels ;
  • renforcer la mobilité des travailleurs tout en évitant ses effets pervers ;
  • tirer parti des outils technologiques ;
  • prendre en compte les spécificités liées aux grandes villes comme à la ruralité ;
  • prendre en compte les questions émergentes comme les nouvelles formes d’emploi, les évolutions des besoins d’accompagnement…

La position commune interpelle les institutions européennes en rappelant que les services sociaux jouent un rôle fondamental dans la mise en œuvre sur socle européen des droits sociaux qui est le principal moyen pour rendre l’Europe plus sociale. Elle leur demande :

  • de soutenir le dialogue social qui aide à améliorer les conditions de travail et la qualité des services ;
  • d’intervenir auprès des États membres pour leur demander une convergence des politiques sociales vers le haut ;
  • une nouvelle stratégie européenne des compétences ;
  • et des fonds européens, tels le Fonds social européen, à la hauteur des enjeux.