Plans pauvreté et santé : Nexem pointe des paradoxes et sera vigilante quant à la place et aux moyens donnés aux associations

18 octobre 2018

Nexem salue l’ambition et partage les objectifs stratégiques portés par les plans pauvreté et « Ma santé 2022 ». Néanmoins, l'organisation déplore des paradoxes s’agissant de l’accompagnement des plus fragiles. Elle interroge le déploiement de ces réformes en lien avec les avant-projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale 2019 annoncés fin septembre. Nexem axera son action sur la place et les moyens donnés aux établissements et services sociaux et médico-sociaux. Convaincue que seule une dynamique globale peut soutenir les évolutions sociales et sociétales au regard des besoins actuels des personnes fragiles, Nexem souhaite porter une vision systémique et s’inscrit dans une logique de dialogue et de concertation.

Prévention de la précarité, mobilisation pour l’insertion et la réinsertion professionnelles, accès aux droits et aux prestations, avec près de 8,5 milliards d’euros consacrés à la lutte contre la pauvreté d’ici la fin du quinquennat, le gouvernement engage une politique ambitieuse que Nexem félicite. Sur le plan de la santé, l’organisation partage l’objectif de transformation de l’offre de soins autour des besoins des patients, de l’articulation entre les acteurs et de l’accès aux soins de proximité.

Des paradoxes qu’il est nécessaire d’interroger

Cependant, ces réformes comportent des zones d’ombre auxquelles l’avant-projet de loi de financement de la sécurité sociale 2019 n’apporte pas de réponses. Pour Nexem, celles-ci questionnent la place et les moyens donnés aux associations qui accompagnent les plus fragiles. Des paradoxes sont à clarifier. Par exemple :

  • les ambitions gouvernementales placent le décloisonnement entre les acteurs comme clé de voûte de l’organisation du système de santé. Mais les ESMS apparaissent parmi les grands absents de la stratégie « Ma santé 2022 » ;
  • le patient et la formation des professionnels de santé en sont les autres priorités ; pour autant, l’accès aux soins des publics fragiles, handicapés et/ou précaires, et la formation aux spécificités de leur prise en charge ne font l’objet d’aucune mesure précise ;
  • sur le plan social et en matière de logement, Nexem salue la généralisation du dispositif « Un chez soi d’abord ». Cependant, les associations qui œuvrent dans le secteur social subissent de plein fouet la baisse du nombre des contrats aidés et l’affaiblissement des budgets d’hébergement (57 millions d’euros sur quatre ans) amorcé dès 2018 (20 millions). Cette politique se traduit d’ores et déjà par la mise en place des tarifs plafonds pour les CHRS et les structures d’accueil, d’hébergement et d’insertion (AHI). Elle se traduit aussi par les économies voulues au titre de l’aide personnalisée au logement (APL) et les baisses de dotations relevant de l’aide sociale.

Inscrire les mesures annoncées dans une dynamique globale

Ces constats conduisent Nexem à déplorer un manque de vision systémique, pourtant indispensable pour accompagner les évolutions sociales et sociétales au regard des besoins actuels des plus vulnérables. Dans cette perspective, Nexem souhaite porter une réflexion plus globale qui permette de situer les stratégies de lutte contre la pauvreté et de transformation du système de santé dans une dynamique concertée, associant toutes les parties prenantes et incluant l’ensemble des réformes qui touchent notre société. Pour Nexem, il s’agit de permettre aux organisations et aux professionnels du secteur social et médico-social d’assurer pleinement leurs missions et de poursuivre la transformation de leur offre de services et d’accompagnement. Cela induit la nécessité de :

  • assouplir les règles budgétaires et financières ;
  • mettre au premier plan les dynamiques de parcours ;
  • mettre en place des mesures d’accompagnement au changement.

Dans une logique de dialogue et de concertation, Nexem restera vigilante sur ces points et, outre des clarifications, demandera des engagements autour des mesures qui concernent les associations gestionnaires du secteur social et médico-social.