« Pour votre engagement, votre professionnalisme et votre sens des responsabilités, nous vous remercions »

5 juin 2020

Au lendemain de la crise sanitaire sans précédent que notre pays vient de vivre et au nom de tout le conseil d'administration, Alain Raoul, le président de Nexem adresse un message de remerciements à tous les bénévoles et tous les collaborateurs du réseau.

« Depuis les prémices de la crise sanitaire que traverse notre pays, laquelle porte désormais des dimensions économiques et sociales d’une indéniable sévérité, c’est l’ensemble des « forces vives » de notre pays qui s’est intuitivement senti concerné et qui s’est rapidement mobilisé et déployé pour faire face à l’extrême gravité de la situation.

Si l’attention des médias et des citoyens dans leur ensemble s’est alors légitimement portée sur le dispositif sanitaire (hôpital, médecine de ville, etc.), d’autres acteurs de santé, moins bien identifiés comme tels, se sont également - et tout autant - mis en mouvement : sur l’ensemble du territoire national, au sein de nos quelques 10 000 établissements sociaux et médico-sociaux, plus 320 000 salariés, accompagnant pas moins de 700 000 enfants, adolescents, adultes en situation de fragilité, ont dû eux aussi faire face.

Et ce ne fut pas rien.

D’abord, prendre la mesure des choses : la dureté exceptionnelle de ce qui se profilait, l’absolue nécessité, en lien avec les autorités publiques, quoiqu’il arrive et partout sur le territoire national, de maintenir les accompagnements, les soins, les liens relationnels, tout ce qui permet de vivre au mieux sa vie malgré la dépendance, le handicap, l’insécurité affective, l’exclusion…

Puis, tout de suite, recenser les forces disponibles, celles sur qui on peut vraiment compter : en premier lieu, des bénévoles, des cadres et des professionnels, porteurs d’expertise, sachant faire équipe, ayant le plus souvent appris au contact de ce que génère la souffrance, à se montrer réactifs, inventifs, sachant formuler des propositions pour s’adapter tout en préservant le sens et la portée de l’intervention sociale et médico-sociale au bénéfice des plus fragilisés.

Mais aussi des établissements et des services, des organisations capables d’innovations, de souplesse, de mutualisation, de coopérations territoriales et d’adaptation pour faire face à l’inédit et à l’exceptionnel.

Et en filigrane de ces forces, au cœur des motivations des organisations gestionnaires comme des bénévoles et des professionnels, des notions qui ici et maintenant restent centrales : des valeurs humaines, des repères éthiques, une haute idée de l’intérêt commun, des notions fondatrices qui font société et que nulle crise, fût-elle gravissime, ne saurait altérer.

Alors une fois prise la mesure des choses, dans une relative indifférence médiatique et malgré les manques, qu’a donc fait le champ social et médico-social depuis le début de cette crise ?

Dans le secteur du handicap, dans celui de la protection de l’enfance, de l’action en faveur des personnes vulnérables, auprès des personnes âgées, de celles subissant l’exclusion ou porteuses de troubles psychiques, partout, en dépit du confinement et des nombreux obstacles rencontrés, les liens ont été maintenus et les personnes fragiles accueillies et accompagnées.

Malgré les circonstances, les professionnels des établissements ayant dû fermer se sont rendus à domicile, y ont maintenu des soins, des rééducations, des activités contenantes, des liens relationnels essentiels. Des permanences téléphoniques, des plateaux techniques de soutien, des mutualisations de personnels et de moyens techniques, ont été mis en place. Dans les structures encore ouvertes, non seulement la continuité de l’accompagnement a été assurée mais aussi, dans de nombreux lieux, d’autres personnes ont été accueillies pour soulager les familles confinées. Des solutions de répit pour les aidants ont ainsi été inventées, des réouvertures temporaires de places organisées souvent au pied levé.

Partout le même engagement : les missions se sont poursuivies, dans des conditions où les contraintes liées au confinement ont fortement pesé, confrontant nombre d’équipes professionnelles à des situations de grande complexité. Il a fallu inventer des solutions, dans des conditions inimaginables, pour isoler des sujets contaminés ou susceptibles de l’être.

En appui de son maillage territorial, mobilisant la moindre ressource humaine et matérielle disponible, notre secteur a fait émerger mille et une initiatives généreuses et solidaires pour endiguer au mieux les effets immédiats, abrupts, parfois sidérants de cette crise sur les plus démunis.

Partout, les responsables associatifs bénévoles ont assuré, tout en l’ajustant aux enjeux, la gouvernance de leurs organisations. Partout, les professionnels, soutenus par nombre d’étudiants en travail social, ont - dans leur très grande majorité - été présents de façon exemplaire, ne cédant rien à la solidarité entre pairs et à l’engagement professionnel militant, allant - pour certains - jusqu’à se confiner avec les personnes qu’ils accompagnent pour mieux les protéger. Malgré les inévitables absences et les problèmes d’approvisionnement, les personnels des services logistiques se sont mobilisés, s’organisant en réseau, mutualisant leurs pratiques, pour assurer dans la durée le fonctionnement quotidien des lieux d’accueil.

Tous ont tenu bon. Tous tiennent bon.

Ce champ social et médico-social, parfois objet d’interpellations excessives ou paradoxales, a su puiser là où il fallait : dans son héritage éthique et historique, dans le patrimoine de ses pratiques, dans la singularité de son indignation, dans sa capacité à (ré)inventer le quotidien.

La terrible crise qui nous frappe bouleverse et va bouleverser, parfois profondément, nos vies ; après le temps de l’urgence vient venir celui des débats puis celui d’un nouvel horizon instruit, il le faudra, de cette douloureuse expérience. Et si se profilent les premières questions de l’après-crise, il ne faut toutefois pas attendre pour remercier, tout simplement et avec force, tous ceux qui chaque jour se consacrent à aider leur prochain. Et c’est pour n’oublier personne dans la gratitude et la reconnaissance que Nexem souhaite adresser un message à tous les professionnels et les bénévoles qui œuvrent dans le secteur social et médico-social :

« Confrontés à une dramatique et violente épreuve, vous n’avez rien lâché, rien concédé aux mille et une raisons que vous auriez eu de baisser les bras. Tout comme vos pairs du système hospitalier et de la médecine de ville, vous êtes des acteurs incontournables de la santé, comprise dans son sens large de « bien-être ». Dans la tempête, vous ne laissez personne au bord de la route ; jour après jour, malgré les bourrasques, vous continuez à accueillir et accompagner dans leur parcours et leur projet de vie les personnes les plus fragilisées et à soutenir leurs familles. Avec détermination, patiemment, parfois dans l’anonymat, vous donnez concrètement vie à l’idée d’une société plus juste et plus respectueuse.

Pour votre engagement, pour votre professionnalisme, pour votre sens des responsabilités, nous vous remercions. Vous êtes formidables, et nous tenons à le faire savoir. »

Il s’agit maintenant de se mobiliser pour que notre secteur soit au rendez-vous du « monde d’après ». Pour Nexem, ce nécessaire engagement doit s’inscrire dans la continuité de tous les échanges que nous avons pu avoir avec les pouvoirs publics, tant nationaux que locaux, mais aussi - et surtout - avec nos partenaires fédérations et unions. Notre secteur a pu prouver ces dernières semaines que la solidarité entre les acteurs nous rend plus forts, plus pertinents, plus audibles. C’est dans cet esprit collectif que nous devons relever les défis qui sont maintenant devant nous : répondre déjà aux conséquences directes de la crise, avec notamment les enjeux toujours présents du déconfinement et la question des primes aux professionnels ; investir ensuite les grands chantiers qui se dessinent, comme la réforme du système de santé ou le projet de loi dépendance.

C’est à la lumière de cet engagement que nous allons pouvoir faire vivre le projet Nexem et son articulation autour de ses deux axes stratégiques, la structuration du secteur et la transformation de l’offre sociale et médico-sociale. Notre présence dans les différents lieux où se discutent l’avenir (comme le « Ségur de la santé » nouvellement mis en place) va nous permettre d’encore mieux vous représenter et de poursuivre la promotion de notre secteur et de son rôle dans les politiques publiques. Plus que jamais, le secteur du sanitaire, social et médico-social à but non lucratif a toute sa place dans les débats et doit, à ce titre, être prise en compte dans les réflexions et les actions à venir. Plus que jamais, il s’agit donc de le faire exister et de le rendre visible, dans sa singularité, avec son sens des responsabilités et sa force de proposition et de réalisation.

Pour Nexem c’est tant un impératif qu’un objectif pour les semaines et les mois qui viennent. Nous vous proposons de nous retrouver pour notre assemblée générale le 18 novembre pour un premier bilan de cette crise et des actions menées et se projeter ensemble. Il s’agira de partager et de débattre pour collectivement mettre en perspective notre projet pour le secteur et définir les priorités à venir. »

Au nom du conseil d’administration de Nexem,

Alain Raoul, Président de Nexem

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