La crise sanitaire favorise les conduites addictives chez les plus fragiles

13 avril 2021

Association Addictions France, en partenariat avec BVA Santé, a publié une étude qui révèle que la crise sanitaire et les confinements associés favorisent les conduites addictives, notamment chez les populations les plus fragiles. 

Le troisième confinement, entré en vigueur le samedi 3 avril, ne s’avère pas être une bonne nouvelle concernant les conduites addictives des Français. A l’heure où un Français sur dix indique avoir déjà été suivi pour un problème d’addiction, une étude réalisée du 15 au 24 février 2021 révèle qu’il existe de fortes inégalités concernant l’impact de la crise sanitaire sur les conduites addictives.  

Le profil des personnes les plus touchées 

La crise sanitaire a plus fortement favorisé les conduites addictives des personnes déjà suivies pour une addiction, des polyconsommateurs et des personnes ayant connu un arrêt de leur activité professionnelle lors de l’année écoulée.  

De plus, les personnes dans une situation financière très difficile et les étudiants s’avèrent aussi plus touchées que les autres.  

Un accompagnement encore plus essentiel mais moins accessible  

Les personnes suivies pour addiction font état d’un fort besoin d’accompagnement, surtout à la suite d’une année marquée par une augmentation de leurs conduites addictives et un accès aux soins plus limité. 
Ainsi 78% estiment avoir davantage besoin d’accompagnement pour leur problème d’addiction qu’il y a 1 an (43% beaucoup plus qu’avant, 35% un peu plus qu’avant). Et pourtant, 39% d’entre eux ont dû renoncer à se faire accompagner, soit parce qu’ils ont eu des difficultés à obtenir un rendez-vous, soit parce qu’ils ne savaient pas vers quelles structures se tourner. 

Adapter l’accompagnement  

Association Addictions France (anciennement ANPAA), association adhérente à Nexem, met en lumière au travers de cette étude que ces populations vulnérables doivent être « une priorité », ainsi que la nécessité « d’adapter ses modalités d’accompagnement avec par exemple des systèmes de drive pour distribuer du matériel de réduction des risques, des coopérations avec des centres d’hébergement d’urgence ou encore le développement de téléconsultations pour assurer une continuité dans les parcours de soin. » 

Identifier les structures et reconnaître les addictions « pour ce qu’elles sont » 

L’association, par la voix de son président Bernard Basset note, par ailleurs, que « des personnes restent encore éloignées de nos dispositifs » et souligne « l’importance de mieux faire connaitre les structures d’accompagnement comme Association Addictions France ». Il insiste également sur le fait que « les addictions doivent être prises pour ce qu’elles sont : des maladies qui nécessitent un accompagnement global sur les plans médicaux, psychologiques et sociaux. » 

Pour en savoir plus sur l’étude d’Association Addictions France cliquez ici