Innovation | Un serious game pour sensibiliser au handicap auditif

21 décembre 2021

L’association alsacienne Adèle de Glaubitz a développé un serious game, "Entendons-nous bien !", pour faire connaître les handicaps auditifs. La sensibilisation est interactive grâce à la mise en situation sous forme de vidéo et questions associées. L’équipe du le centre strasbourgeois Auguste Jacoutôt a répondu à nos questions.

Parlez-nous de votre projet…

Imaginé, conçu et piloté par les professionnels du centre Auguste Jacoutôt de l’association Adèle de Glaubitz, « Entendons-nous bien ! » est le premier serious game de France sensibilisant sur la réalité de la surdité et des handicaps auditifs.

Le choix des équipes s’est porté sur un serious game basé sur la réalisation d’un court-métrage. En plus de placer le spectateur au centre et dans un rôle nécessairement actif, il offre une réalité virtuelle concrète.

A quels enjeux, objectifs et défis répond-t-il ?

Son objectif : sensibiliser le grand public à cette situation de handicap, afin qu’elle soit mieux appréhendée par tous. Le handicap auditif étant un handicap invisible, parfois mal ou peu considéré, il est important de le mettre en lumière ; c’est là tout l’enjeu du projet. Le défi d’être le premier serious game sur la surdité en France a été relevé. Reste celui de le maintenir visible et exploitable par un large public, en performant les actions de communication.

Constat critique, repérage des besoins non répondus… comment est né ce projet ?

Ce projet est issu de plusieurs constats. D’une part, les demandes de sensibilisation à la surdité qui parviennent au centre Auguste Jacoutôt, centre accueillant des enfants et des adolescents présentant une déficience auditive, sont toujours plus nombreuses. Lors de journées handicap, de portes ouvertes, de forums… il est apparu clairement aux équipes du centre que le grand public était désireux de mieux connaître et comprendre la déficience auditive. D’autre part, divers rapports pointent l’augmentation de la prévalence des limitations auditives avec l’âge. À 50 ans, 1 personne sur 5 a au moins de légères difficultés auditives, à 80 ans il s’agit d’1 personne sur 2. Enfin, les outils de sensibilisation existant ne nous permettent pas d’impliquer suffisamment les interlocuteurs. Le serious game est donc apparu comme le support répondant à l’ensemble des attentes.

Avez-vous rencontré des obstacles ou, à l’inverse, des facilités à la mise en œuvre de votre projet ?

Oui, quelques obstacles, mais aussi des facilités, parmi lesquels :

  • des délais allongés par la recherche de financements ;
  • un retard dans la production de l’outil, lié à la crise sanitaire ;
  • une bonne collaboration avec les entreprises locales de création du serious game et les partenaires ;
  • le soutien des équipes de direction pour le projet ;
  • l’expertise des professionnels et des cadres de l’IES pour la création du support.

Quels impacts votre initiative a-t-elle ?

Elle permet de sensibiliser et d’informer très largement sur le handicap auditif. Elle nous place en tant qu’acteurs majeurs et experts dans le domaine. D’ailleurs, nous sommes régulièrement sollicités par différentes structures et associations pour présenter notre support.

Quelles sont les perspectives ?

La suite serait la création d’un escape game pour permettre aux joueurs de “vivre” la surdité dans des situations quotidiennes.

Pour en savoir plus sur ce projet :

www.entendonsnousbien.com

www.glaubitz.fr – Etienne Haegel, directeur adjoint

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