Découvrez le nouveau concept de « food truck inclusif » développé par la Fondation OVE à Chambéry

30 mars 2021

Forte du succès de son premier « food truck pédagogique » mis en place dans le Rhône, la Fondation OVE a dupliqué le concept en Savoie avec l’objectif de former davantage de jeunes en situation de handicap aux métiers de la restauration.

« La Brigade de Belledonne » – c’est le nom du projet – implique une quinzaine d’adolescents de 14 à 20 ans avec une déficience intellectuelle et/ou des troubles du comportement. Cette expérience professionnelle est totalement inédite pour eux puisqu’elle allie alternativement apprentissage des techniques culinaires et vente directe au contact du public. Le food truck a pour habitude de stationner à l’heure du déjeuner sur les parkings des entreprises et institutions privées qui encouragent la démarche. Les plats sont travaillés et s’appuient sur des produits de qualité (AOP, Label Rouge…) et des circuits courts associant les producteurs régionaux.
Les bénéfices de cette expérience professionnelle pour les jeunes sont multiples. Ils apprennent à travailler en équipe et s’engager dans un projet, à se confronter à la clientèle et à gérer leurs émotions. Au-delà, ce concept constitue une belle occasion de faire changer le regard du grand public sur le handicap.

Christophe Bougnot, responsable mécénat au sein de la direction générale de la Fondation OVE a accepté de répondre aux questions de la rédaction…

 

 

Où en êtes de votre projet et la crise sanitaire a-t-elle eu un impact ?

Malheureusement, durant le premier confinement notre food truck est resté à l’entrepôt et les jeunes en situation de handicap de l’ITEP de Biviers et l’IME La Rochette étaient, quant à eux, dans leur famille et accompagnés à distance par les professionnels médico-sociaux.
Les premières prestations ont débuté en juillet par un déjeuner inter-ESMS au Château de Biviers. Avec la crise sanitaire qui se prolonge, le projet n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière. Néanmoins, le catalogue des prestations / menus est finalisé et l’équipe démarche les entreprises du territoire. Les jeunes en situation de handicap sont très motivés par ce projet s’inscrivant dans la tradition gastronomique de la région, à une époque où la cuisine est mise en valeur dans de nombreuses émissions de télévision.

Quel(s) soutien(s) avez-vous pu trouver pour développer votre initiative (technique, financier, politique etc.) ?

Les investissements nécessaires au projet (l’achat et l’aménagement du véhicule, le matériel de cuisine, les tenues…) ont été possibles grâce à une subvention de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et le concours de 11 mécènes (Fondation MMA, Fondation Safran, Euromag, Fondation Société Générale, CCAH, Malakoff Humanis, IRCEM, B2V, APICIL, IRP Auto et AG2R La Mondiale).
Le projet a une vocation professionnalisante pour les jeunes en situation de handicap concernés et il s’inscrit comme le premier maillon d’une chaîne de formation et d’accompagnement vers l’emploi constituée par des partenariats avec des écoles hôtelières et les entreprises de restauration (pour des stages et recrutements) dans le cadre de leur obligation d’emploi de travailleurs handicapés.

Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ? Par exemple en termes d’expertise acquise en gestion de projet, de dynamique transverse entre les métiers et ESMS, de coopération, de stratégie associative…

Notre projet s’inscrit dans un programme plus large d’accès aux métiers de la restauration impulsé à l’échelle régionale par la Fondation OVE. Deux autres dispositifs de découverte des métiers permettent de former les jeunes et de tisser des réseaux : une activité traiteur sur la métropole lyonnaise (s’appuyant sur notre tout premier food truck) et un restaurant d’application à Andrézieux-Bouthéon dont les travaux sont en cours.

La force de ce type de projets 100 % inclusifs menés par une organisation médico-sociale comme la Fondation OVE est de pouvoir s’appuyer sur des moyens humains pérennes. Une des clés de la réussite repose sur la capacité de l’association a consacré suffisamment de temps à l’encadrement de l’activité. Il faut désigner un coordinateur du projet (notre coordinatrice à une double compétence médico-sociale et restauration) et faire en sorte d’acquérir une culture entrepreneuriale pour penser le projet en termes de commercialisation et de communication.

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