Conférence salariale : il est urgent d’agir pour les métiers du secteur social et médico-social privé non lucratif

3 mars 2020

Lors de la conférence salariale des établissements et services sociaux et médico-sociaux privés à but non lucratif du 27 février 2020, la direction générale de la cohésion sociale (DGCS) a annoncé un taux d’évolution de la masse salariale à 1,25 %. Nexem reconnait cet effort, mais reste très vigilante dans un contexte de mutation profonde du secteur.

Nexem prend bonne note du taux d’évolution de la masse salariale fixé à 1,25 % pour l’année 2020, contre 1 % ces trois dernières années. Notre organisation souhaite y voir un signe positif, les prémices d’une nouvelle impulsion en direction des métiers du secteur social et médico-social à but non lucratif. Cependant, cette évolution reste très insuffisante au regard des enjeux de l’accompagnement de quatre millions de personnes fragiles.

Un financement qui manque de cohérence

Les attentes nouvelles des personnes fragiles nécessitent de nouveaux services et impliquent l’évolution des organisations et des pratiques professionnelles. Pour autant, cette transformation de l’offre d’accompagnement, que les pouvoirs publics appellent de leurs vœux, n’est pas soutenue par un financement à la hauteur des besoins. L’enveloppe annoncée reste restrictive au risque de freiner encore son déploiement.

Alors que les besoins sociaux ne cessent de croître, la faiblesse des salaires pèse lourdement sur l’attractivité de notre secteur, des métiers restent en tension. Nexem déplore notamment que les pouvoirs publics n’aient pas étendu les mesures salariales adoptées dans la fonction publique (revalorisation en 2019, primes « grand âge » et « d’attractivité territoriale » en 2020) à l’ensemble des métiers de l’accompagnement, tous secteurs confondus. Le manque d’effectifs, le turn-over et les difficultés de recrutement sont des problématiques communes.

Par ailleurs, l’allègement pérenne des charges sociales issu de la conversion du crédit d’impôt sur la taxe sur les salaires (CITS) a, comme notre organisation le craignait, entraîné des baisses de budget sur certains territoires, alors même qu’il ne constitue pas une marge de manœuvre suffisante pour renforcer les effectifs et l’attractivité des emplois.

Par conséquent, nous demandons, une nouvelle fois, des engagements de la part du gouvernement pour que cet allègement n’implique plus aucune baisse de financement et, le cas échéant, pour pallier les diminutions de budget qui sont intervenues.

Etendre la logique de la mission "Métiers du grand âge"

A l’heure où les négociations de la politique salariale s’engagent, Nexem rappelle qu’elle porte un projet conventionnel qui s’inscrit pleinement dans la logique de la mission "Métiers du grand âge". Il prévoit la construction de solutions pour revaloriser les rémunérations. En lien avec les orientations du ministère des Solidarités et de la Santé, il vise aussi à mettre fin à l’émiettement du secteur qui nuit à sa lisibilité, à son attractivité et à l’harmonisation des droits applicables aux associations et à leurs salariés.

Dans ce contexte, Nexem réaffirme l’urgence de l’adoption de la loi « Grand âge et autonomie », avec la nécessité que des mesures similaires soient définies en concertation pour l’ensemble des métiers de l’accompagnement et du soin.

En droite ligne des conclusions des concertations "Grand âge et autonomie" et "Métiers du grand âge", il s’agit prioritairement d'améliorer les conditions de travail et de soutenir l’attractivité des métiers en tenant compte de l’évolution des besoins et des attentes des personnes accompagnées. Il s’agit aussi de donner les moyens aux établissements et services de mener à bien leurs missions.

Notre organisation se tient à la disposition de la DGCS pour envisager les solutions possibles dans ce sens.

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