Conclusions du Ségur de la santé : le positionnement de Nexem

23 juillet 2020

Le Ségur de la santé a été organisé pour répondre aux carences du système de santé révélées par la crise de la Covid-19. Vaste concertation mise en œuvre par le gouvernement, il avait vocation à poser les termes de la réflexion et à produire des recommandations opérationnelles. Sur une durée de plusieurs semaines, des réunions se sont tenues autour de quatre thématiques : les ressources humaines, l’investissement et le financement, la simplification administrative et la coordination territoriale. Ponctuées par des rencontres plénières, ces réunions ont peu à peu identifié des pistes de travail et des actions qui pouvaient être menées pour réformer le système de santé. Le processus s’est terminé le 21 juillet, avec la présentation du rapport final et une prise de parole ministérielle pour annoncer les conclusions du processus.

Participante de ce Ségur, Nexem a pu grâce à son investissement constant mesurer les enjeux de la démarche, ses succès, ses échecs et ses perspectives.

L’enjeu du périmètre

Si l’objectif affiché était la réforme du système de santé, le principal défi du Ségur pour Nexem était la prise en compte de tous les acteurs de santé et l’acception d’une définition globale de la santé. En effet, réduit à sa seule dimension sanitaire, voire hospitalière, le débat n’avait aucune chance de produire des propositions pertinentes et efficaces. Le premier objectif de Nexem était donc d’imposer avec d’autres une vision globale de la santé, au sens de « bien-être », et ainsi d’inclure dans les travaux tout le secteur social, médico-social et le domicile.

Les conclusions du Ségur : plusieurs mesures pour le médico-social

Les différentes réunions tout au long du Ségur ont permis à Nexem de marteler la nécessaire prise en compte du social et médico-social dans les débats et les préconisations. La première victoire a été la présence de Nexem dans ces travaux, en tant que représentant du secteur social et médico-social. La seconde fut la généralisation de l’utilisation des termes « médico-social » et « social » dans les échanges. Ce succès fut néanmoins partiel, le naturel reprenant régulièrement le dessus pour affirmer la prééminence du sanitaire et de l’hôpital dans les attentions gouvernementales.

Cette irruption du social et du médico-social dans ce Ségur amorcé sous un angle très hospitalier s’est finalement concrétisée dans un certain nombre des conclusions annoncées cette semaine par le ministre de la Santé et des Solidarités. Sur les 33 mesures, une douzaine concernent directement le médico-social, signe que des progrès significatifs ont pu être fait dans l’approche globale et systémique de la santé.

Les perspectives : une attention portée à la dimension RH

Le Ségur de la santé n’est qu’une étape dans la réforme à mener : le combat pour faire vivre le social, le médico-social et le domicile aux côtés du sanitaire doit se poursuivre, pour peu à peu convaincre tous les acteurs que toutes les parties – l’hôpital, la médecine de ville, le domicile, le social et médico-social – sont nécessaires pour répondre efficacement et de manière pérenne aux enjeux de la santé dans notre pays.

C’est la dimension RH qui cristallise toute l’ambiguïté des chantiers engagés. D’un côté, est soulignée la nécessaire prise en compte du privé et du médico-social dans la valorisation des métiers : « applicables sur le champ de la fonction publique hospitalière, les dispositions de l’accord feront l’objet d’une transposition dans les secteurs privés non lucratif et lucratif. Le versement d’un financement national sera effectué aux établissements dès lors qu’un accord collectif aura été négocié dans les branches concernées ».

D’un autre côté, seule une partie du médico-social semble concernée – le secteur des personnes âgées, et a priori une partie du secteur du handicap -, au détriment notamment de tout le social. C’est d’ailleurs cette segmentation qui a entraîné l’interpellation du Premier ministre par les organisations du secteur. De même, seule la fonction publique a fait l’objet de négociation et d’accords chiffrés, le privé non lucratif devant se contenter de déclarations de principe.

La dimension RH du Ségur de la santé suscite donc tout autant un risque pour notre secteur qu’elle est porteuse d’une véritable opportunité. Risque, car si l’on en reste là notre secteur va se retrouver fracturé entre une partie qui bénéficiera de la valorisation annoncée, et une autre qui en sera privée. Opportunité, car si le chantier est mené jusqu’au bout cela permettra d’accélérer l’attractivité des métiers et la convergence des environnements conventionnels, l’un et l’autre bénéficiant de la nouvelle attention gouvernementale.

L’action de Nexem, aux côtés de nos partenaires du secteur, doit donc se poursuivre pour :

  • investir les prochaines étapes de la réforme de la santé, en participant aux groupes de travail mis en place et en maintenant une pression et un lobbying constants pour imposer la place et le rôle du social, du médico-social et du domicile dans le processus ;
  • mettre en perspective ensuite les conclusions du Ségur de la santé avec les autres chantiers en cours, pour, d’une part, engager au plus vite la convergence des conventions collectives avec un objectif affirmé d’un environnement unique et, d’autre part, contribuer à la mise en place d’un cinquième risque dédié à l’autonomie.

Cette poursuite des travaux et cette mise en perspective vont engager Nexem dans les mois et les années à venir. Dès la rentrée prochaine, nous présenterons et développerons les actions que votre organisation professionnelle va mettre en œuvre en votre nom pour porter vos attentes et vos intérêts dans les réformes à venir (réforme de la santé, cinquième branche, convergence des conventions collectives, attractivité des métiers, etc.).

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