Accueil, hébergement, insertion : retour sur la journée du 30 septembre 2019

22 octobre 2019

Le 30 septembre 2019, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) Grand Est et Nexem ont organisé une journée d’échanges sur le thème de la transformation de l’offre dans le champ de l’insertion sociale et les évolutions de l’environnement conventionnel.

Dans un contexte sectoriel marqué par la stratégie de lutte contre la pauvreté et le déploiement du programme Logement d’abord, un plan d’économies de 57 millions d’euros frappe depuis 2018 les gestionnaires de centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS). Cela pose de nombreuses questions sur la prise en charge des publics les plus vulnérables accueillis en leur sein.

En ouverture de cette journée, il a été rappelé les dernières actions communes engagées par les organisations représentantes du secteur[1] contre les tarifs plafonds qui font craindre un nivellement par le bas des accompagnements. Plusieurs recours, alimentés par une enquête nationale, ont ainsi permis de mettre en lumière les impacts directs des abattements budgétaires sur le nombre d’intervenants sociaux et la qualité des accompagnements en CHRS.

En opposition avec les volontés politiques de fragiliser ces dispositifs, les participants ont rappelé que les CHRS demeurent un pivot de l’accompagnement autour duquel s’articule une variété d’accompagnements et de dispositifs. Le CHRS sécurise la gestion notamment des micro-activités et encre le parcours autour d’un dispositif socle.

Par ailleurs, les échanges ont permis de rappeler que la logique Logement d’abord ne peut fonctionner sans une qualité d’accompagnement vers le logement, mais aussi dans le logement. Les participants ont alerté sur les enveloppes actuellement déployées sur le territoire pour le développement et la gestion des dispositifs d’intermédiation locative (IML) notamment, lesquelles ne prennent en compte ni la nécessaire continuité d’un accompagnement social ni les coûts de transformation de l’offre pour les gestionnaires (évolution des pratiques professionnelles, immobilier, etc.). Ce changement de paradigme induit également de nombreux changements quant aux pratiques professionnelles des travailleurs sociaux et les accompagnements qu’ils prodiguent.

Par ailleurs, la loi Elan du 23 novembre 2018 a instauré la généralisation des CPOM obligatoires à horizon 2022 pour l’ensemble des gestionnaires de CHRS.

Afin d’accompagner la contractualisation, les fédérations ont participé ces derniers mois à des groupes de concertation pilotés par la direction générale de la cohésion sociale (DGCS) pour définir le cahier des charges du futur CPOM qui paraîtra prochainement dans un arrêté.

A cette occasion, Nexem et la FAS ont rappelé leur engagement contre des indicateurs standardisés, contraires au principe d’une contractualisation négociée sur la base d’un diagnostic personnalisé de l’organisme gestionnaire.

Les participants ont, par ailleurs, insisté sur l’opportunité que représente la signature de ces CPOM pour interroger les projets associatifs et repenser l’offre d’accompagnement et d’insertion vers le logement. Le CPOM est également l’occasion de mettre en avant, voire de développer, les partenariats entre acteurs du territoire dans l’optique d’un meilleur service rendu aux usagers et d’une meilleure couverture des besoins sur le territoire.

A cette occasion, le décloisonnement entre secteurs social et médico-social et, in fine entre financeurs, a été plébiscité bien que les témoignages rappellent la complexité de sa mise en œuvre opérationnelle.

Lors de cette matinée, outre des représentants politiques et techniques des deux fédérations, Anoutchka Chabeau, directrice régionale et départementale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale était présente pour répondre aux questions des adhérents et balayer les perspectives ouvertes pour le secteur. L’après-midi a été consacrée à la présentation des évolutions liées au projet conventionnel en lien avec l’attractivité des métiers du social et médico-social.

 

[1] A savoir la Croix-Rouge française, la Fédération des acteurs de la solidarité, la Fehap, Nexem et l’Uniopss.

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