Accompagnement à la retraite des travailleurs en Esat : une enquête tire les enseignements de la crise sanitaire

1 juillet 2020

Le réseau Un Avenir après le Travail - qui regroupe 8 collectifs régionaux, 288 Esat et dont Nexem a intégré le comité de pilotage en 2016 - a lancé début juin une grande enquête auprès de ses membres afin de mesurer les impacts de la crise liée à la Covid-19 sur les retraités et futurs retraités, travaillant ou ayant travaillé en Esat. Retour sur ce bilan.

La crise sanitaire, par son caractère soudain et les contraintes générées par le confinement, a mis en exergue deux situations particulièrement redoutées dans les transitions majeures du parcours de vie des travailleurs en Esat.

Un manque d’anticipation et de préparation

Le devoir de confinement et la suspension brutale de l’activité professionnelle ont été sources de difficultés. Les personnes ont dû trouver un nouvel équilibre psychique alors que le travail est un élément central et structurant de leur vie. La situation vécue s’apparente dès lors à une entrée dans la retraite qui n’aurait pas été suffisamment anticipée et préparée. Les participants à l’enquête ont constaté toutefois une adaptation plus aisée à cette situation inédite des publics déjà retraités que pour les travailleurs séniors.

Un réseau relationnel « médico-social dépendant »

Le constat de situations ou de risques d’isolement a été massif. Il doit donc inciter les acteurs du médico-social à travailler encore davantage avec les acteurs du droit commun et de la vie sociale (vie associative, bénévolat, services socio-culturels) pour faciliter les liens de proximité. Ces derniers n’ont représenté que 15 % des contacts ponctuels ou réguliers. Pendant la crise, les relations de voisinage ou amicales n’ont représenté respectivement que 5 et 25 % des ressources mobilisées par les personnes.

Enfin, les résultats de l’enquête ont fait émerger un nouvel enjeu : l’impérieuse nécessité d’accompagner les publics sur le numérique. Pour cela, l’e-inclusion passera, certes, par le renforcement des compétences des personnes mais également, et surtout, par le développement de partenariats actifs avec les pouvoirs publics, les administrations, les acteurs du droit commun… pour renforcer la capacité de leurs équipes et professionnels, notamment du développement, à produire des contenus et des procédures accessibles au plus grand nombre.